11/06/2007
Dieu et le Mal
Ayant achevé provisoirement ma critique des thèses de Badiou sur l'art, j'exprimerai en quelques notules mes réactions à certaines de ses idées sur des problèmes philosophiques ou politiques.
Badiou se réfère à la "longue histoire (...) de l'identification théologique du Mal au non-être. Si en effet le Mal est, s'il y a une positivité ontologique du Mal, il s'ensuit que Dieu en est le créateur, et donc le responsable" (pp 14-15).
Le Mal a sa place nécessaire dans l'économie de la création de même que les ombres contribuent à la luminosité d'une peinture. C'est en ce sens et pour cette raison que l'oeuvre de Dieu est globalement bonne, en tout cas la meilleure possible. Etant donné que les relations de causes à effets s'enchaînent et que tout se tient; étant donné aussi que l'auteur de l'univers, selon saint Thomas d'Aquin, ne peut se contredire, ni créer des choses incompatibles entre elles, enlever le Mal se paierait d'un moindre Bien. Au total, un tel monde ne serait pas meilleur. Sur ce point la théodicée de Leibniz est imparable.
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